Exemples de réparations de pendules et horloges réalisées par le Centre Horloger de Provence

Pendule religieuse de 1750

Réparation d’une très belle pendule dite « Religieuse » de 1750. Le mouvement à roue de rencontre ayant subi beaucoup de dégâts, dont la suppression de la sonnerie, il a fallu, hormis le barillet, fabriquer l’ensemble des éléments : roues, leviers de sonnerie, roue de compte, support de cloche, tige de marteau et marteau, dans des matériaux d’époque, nos laitons modernes n’ayant pas du tout la même couleur. Le mouvement fonctionnant à nouveau correctement, la boite a été nettoyée et les marqueteries ont, comme le mouvement, repris vie. Le velours du cadran a été dépoussiéré mais conservé et les bronzes ravivés. L’ensemble de la pendule est, malgré son âge, dans un excellent état fonctionnel et esthétique.


Horloge lanterne

La lanterne, dès le XVème siècle, précède la comtoise dans les intérieurs. Elle est en fer forgé, ne possède pas de meuble, mais s’utilise sur des consoles fixées au mur. Les premiers échappements, à folio ou circulaires, deviendront pendulaires avec des balanciers courts ou longs, suivant les époques ou les régions de fabrication. A une ou deux aiguilles suivant son âge et à sonnerie « heure et demie », elle évolue sur trois siècles mécaniquement mais pas dans sa présentation extérieure. Celle présentée ci-contre est exceptionnelle de par sa sonnerie, où comme dans une boite à musique, un rouleau clouté fait vivre les dix-sept marteaux qu’elle possède sur onze cloches.


Horloge à grandes complications

La restauration de ce type d’horloge demande, souvent, beaucoup de fabrication, car elles ont été passablement modifiées au fur et à mesure des siècles. Cette horloge dont l’échappement, considéré au 19ème siècle d’une marche trop aléatoire, a été modifié car l’ensemble des roues entrainant les multiples calendriers, jour, date, mois, période de la journée (matin, midi, après-midi et soir) et l’âge de la lune étaient manquants. Toutes les pièces ont été fabriquées dans des métaux d’époque afin d’être invisibles dans l’ensemble de la réparation.


Horloge comtoise

La comtoise est une horloge à balancier pendulaire fabriquée en Franche-Comté, à partir de la fin du XVIIème siècle et dont la fabrication s’est arrêtée à la première guerre mondiale par manque de main-d’œuvre. C'est une horloge très populaire, et, souvent à cette époque, la seule indication horaire dans les demeures de France et d’ailleurs. Les caisses étant fabriquées par les menuisiers locaux, elles sont toujours liées à un style régional dans leurs formes et leurs matières. Elles sont conçues pour être solides, pour très peu d’entretien, et précises. Le marteau frappant une cloche, ou un gong, les sonneries s’entendent dans toute la maison. Fin XVIIème, le cadran est en métal (laiton ou étain) et possède une seule aiguille pour l’indication de l’heure. Le balancier, constitué d’une chaîne d’arpenteur et d’une poire en plomb, est situé à l’arrière du mouvement. Au début du XVIIIème, une nouvelle génération d’horloge comtoise apparaît. Le cadran est en bronze et présente une décoration ciselée comportant plusieurs cartouches en émail. Le fronton en bronze s’impose. Dans la deuxième partie du XVIIIème, la technique des émailleurs est telle qu’elle permet de réaliser des cadrans d’une seule pièce, émail sur plaque de cuivre. Au XIXème siècle, l’horloge devient plus décorative. Le balancier positionné désormais à l’avant du mouvement, est jusqu’en 1850 une simple lentille en laiton sur une tige plate en acier. Puis petit à petit, le balancier « grossit » jusqu’à être en laiton estampé, très coloré et parfois même animé par des automates. Les frontons suivent la même tendance avec de superbes réalisations en polychromie.


Capucine de 1810

Après restauration du mouvement, huitaine, à sonnerie des heures et demies, au passage et à la demande (la demande permettant de connaître l’heure la nuit, par l’action, à la main, d’un levier situé sur le côté de la capucine), elle indiquera, alors, l’heure par le nombre de coups sonnés. L’ensemble du réveille-matin était manquant, il a fallu donc le reconstruire : roues, barillet (force motrice), leviers de déclenchement ainsi qu'une aiguille et marteau. En ce qui concerne l’habillage, les trois portes et la partie supérieure et l’anneau avaient disparu. La réalisation est relativement simple en fabrication, mais la complexité consiste à trouver des laitons de la même couleur que les matériaux anciens.


Pendule Louis XVI

Il s'agit là d'une très classique pendule portique en marbre blanc, marbre gris, bronze patiné et bronze doré, montants ornés de buste d'enfant, un aigle et deux amours au sommet, frise d'amours sur des nuées à la base. Ce modèle était exécuté avec des variantes de bronze et de marbre. Les Pendules Portique eurent beaucoup de succès sous Louis XVI. La forme s'appuie sur l'architecture des temples grecs ou romains : une base, deux colonnes ou deux pilastres, un entablement. Généralement le cadran, comme ici, s'inscrit au centre de l'entablement. Celle-ci comporte deux pilastres, épaulés de console en volute. Le temps et les fumées avaient terni l'ensemble qui, entièrement démonté, a été nettoyé Les dorures sont réapparues et les marbres ont été repolis. Une fois le mouvement restauré et remis en place, cette belle et grande pendule revit avec toute l'élégance du XVIIIème siècle.


Pendulette de voyage

Pendulette de voyage de Leroy & Fils de 1860 à sonnerie des heures et demies au passage, du quart à la demande et réveille-matin, à 5 glaces. Une reprise complète du mouvement a été nécessaire car la pendulette avait été « réparée » un certain nombre de fois sans aucun respect de l’objet, ni de son âge. L’ensemble du porte-échappement à ancre latéral a dû être repris car l’axe de balancier et ceux de la roue d’échappement étaient cassés ainsi que les rubis les supportant (paliers et contre-pivots). Le levier de déclenchement et le râteau de la sonnerie des quarts avaient disparu, il a fallu les refaire complètement, pour que la pendulette retrouve toutes ses fonctions. Cette réparation, malgré son importance, a été effectuée car les pendulettes dites à grande sonnerie sont relativement rares.


Chronomètre de marine

Restauration du mouvement à échappement à détente avec spiral cylindrique et à fusée. L'ensemble était passablement rouillé car l’air marin est redoutable pour les pièces mécaniques. De plus l’axe de balancier, vu le poids de l’ensemble serge-spiral, était devenu inexistant, la détente avait cassé lors d’un démontage précédent. Il faut savoir qu’une procédure très précise est obligatoire pour le démontage d’un tel échappement. Après une reprise complète du mouvement et de la visserie, nous avons entrepris la fabrication des éléments endommagés, pour un résultat toujours étonnant de précision, but ultime des chronomètres, sur une pendule de plus de 100 ans.


Boîte à musique

Les boîtes à musique de ce type sont composées d’une force motrice (ressort) remontée par une manivelle, d’un train de rouage, d’un régulateur de vitesse formé d’une vis sans fin et de 2 pales tournant, la pression de l’air régulant le défilement du rouage, d’un rouleau et d’un peigne en acier accordé musicalement. Celle-ci possède 6 airs, qui se jouent l’un derrière l’autre, le rouleau se déplaçant sur son axe à la fin de chaque air afin qu’une autre série de picots se positionne devant le peigne.


Horloge de clocher

Un démontage sur place est obligatoire car le mouvement dans son ensemble est bien trop lourd et encombrant. Tous les éléments sont récupérés : mouvement, poids, câbles, marteaux de sonnerie. Un premier nettoyage est effectué, puis l’ensemble remonté afin de juger de l’usure générale, toutes les pièces ou paliers défectueux sont refaits à l’identique. La mécanique, à nouveau nettoyée, est remontée et traitée par huilage et graissage contre l’oxydation. Le calcul des poids est très important car ils sont souvent alourdis pour faire tourner l’horloge malgré l’usure due aux années de marche. Les poids doivent correspondre exactement au besoin du mouvement sans quoi une usure prématurée détériore l’horloge. Après un essai en atelier, l’horloge est démontée à nouveau, transportée sur place et remontée. Une fois les câbles mis en place, les poids suspendus, l’horloge peut de nouveau être mise en marche, pour de nombreuses années.